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Du sang et des armes
 
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 La dernière charge

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MessageSujet: La dernière charge   Mer 6 Fév - 13:58

Les chagars étaient énervés, les hommes aussi. Oephis et Taamish qui trônaient dans le ciel n'y étaient pas étrangères et ce mois de la guerre serait comme les autres, sanglant.
Orgünd Thomason rassemblait ses hommes sous les premiers rayons des soleils, la bataille commencerait à l'aube, il fallait faire vite et être prêts. Sous les ordres du Sturmfeild, l'unité piorad pris position sur la crête, avançant au pas lent des chagars, maintenant les rangs serrés aux maximum, maîtrisant l'agressivité de leurs montures.
Les guerriers étaient agités eux aussi, sûrs de leur chef, de leurs chagars et du fer de leurs haches, mais sûrs que le sang coulerait d'un côté comme de l'autre. Ils n'avaient pas peur, mais ils savaient qu'en ce jour beaucoup ne reviendraient pas ; car face à eux se placerait dans quelques minutes, la plus fabuleuse unité de cavalerie lourde de tout Taneaphis, réputée inarrétable, les cavaliers lourds vorozions.
Mais aujourd'hui la victoire était la seule option, sous les masques durs des visages, il y avait le poids des familles, les femmes, les enfants, les vieux restés au village à quelques polacs d'ici, qui seraient violés, massacrés, condamnés au servage pour dette si les guerriers piorads n'étaient pas à la hauteur.
Ils étaient une unité de cavalerie lourde piorad, la puissance à l'état pur, les plus grands conquérants que Taneaphis ait porté, ils allaient emporter la victoire et danseraient sur les cadavres de leurs ennemis.

Les hommes étaient déjà prêts depuis bien avant le jour, préparant le combat à venir avec une précision de métronomes, nettoyer les armes, briquer les armures, charger les destriers, dans chaque geste lent et minutieux chacun voyait la bataille se dérouler sous ses yeux.
Ces hommes étaient vorozions et soldats, dans l'unité la plus destructrice de tout Taneaphis ; rien ne résiste à une charge de cavalerie lourde vorozion, c'est un fait connu de tous. Pourtant, aujourd'hui, la victoire aurait un goût amer, car les barbares du nord vendent chèrement leur peau, et de nombreux jeunes et vaillants soldats périront en ce jour.
Depuis des décennies ces barbares venaient piller leurs terres, violer leurs femmes et tuer leurs enfants ; tous les guerriers présents avaient en eux l'histoire d'un cousin, d'un ami, d'un père, qui un jour de deuil s'était trouvé sur la route des piorads.
Pour ces hommes qui ont fait de la guerre leur métier, la haine est une compagne fidèle, elle tiens chaud la nuit, elle lève le bras et l'épée quand toute force a disparue ; il faut donc la chérir, la conserver, et à quelques instants de la bataille on pouvait la voir brûler dans le regard des cavaliers.

Etincelants comme un millier d'étoiles, l'unité de vorozions sous l'ordre clair de l'aegicius se mis en place d'un même pas, le tintement des armures, le souffle rauque des destriers lourdement protégés, bruits et odeurs familières, la charge allait être lancée.

Les chagars maintenus à bout de bras par leurs puissants cavaliers sont tout à coup relâchés et se jettent en avant dans un bond prodigieux, avides de chair fraîche.

Le tonnerre semble gronder sous les coups de sabots, la terre tremble à tel point qu'elle parait se déchirer, il est bientôt l'heure où le vrai visage des hommes se révèle, où chacun se retrouve seul face à lui-même , face à la horde sauvage qui le charge et où chacun fait ce qui doit être fait.

Cris de rage, rugissements, hurlements des piorads ne sont qu'autant de tentatives d'intimidations se heurtant à la mécanique bien réglée des soldats vorozions qui dans une geste d'ensemble parfait abaissent leurs lances et serrent leurs jambes autour de leurs fiers destriers, prêts à absorber l'impact.

Le choc est d'une violence inouïe, la chair et le métal se déchirent , les corps hurlent, le sang gicle de toutes parts, la mort rode, s'amuse, et finalement frappe sur ces malheureux pantins de chair.

Les piorads se sont battus comme des lions enragés, ils ont emporté leur victoire, mais ils ne danseront pas sur les corps de leurs ennemis, pas ce soir, car il n'y a plus personne pour danser. La mort à fait sa grande moisson, quelques vorozions ont survécus, mais pas assez pour continuer jusqu'au village, ils vont repartir, rejoindre le gros des troupes à l'arrière ; si ils échappent aux prédateurs et aux chagars.

Demain peut-être ils reviendront, plus nombreux, les jeunes soldats ne manquent pas dans l'empire. Quand aux piorads, certains enfants vont devenir des hommes demain, forgés dans le sang et la mort de leurs pères et de leurs frères qui ont donné leur vie dans une dernière charge.
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